dimanche 15 novembre 2015

Les superstitions c'est pour les cons

Vendredi je n'ai ni croisé d'échelle, ni de chat noir, et je n'ai cassé aucun miroir. Malgré toute cette chance difficilement mesurable, la journée s'est déroulée dans des conditions acceptables. Oui j'avais des soucis, mais ils n'étaient pas pire que ceux du jeudi et ils allaient me paraitre bien insignifiants  samedi.

J'ai fait ma forte tête, je n'ai pas balancé de sel par dessus mon épaule gauche, je n'ai pas touché de bois du bout de mes doigts, je me suis dit que cette journée comme les autres finirait comme ça.

En y réfléchissant bien je n'ai même pas tourné sept fois ma langue dans ma bouche avant de sortir des conneries, je n'ai pas joué au loto, et j'ai même du se faire croiser une fourchette et un couteau. Tout ça un vendredi 13, ma foi, et je suis à peu près certaine que nous sommes plusieurs dans le même cas. Une grosse bande de rebelles sans considération pour la malchance, des ignorants de la guigne, des délinquants de l'insouciance.

On l'aura bien cherché tout ce malheur, à jouer aux malins, à défier le destin! Et il est arrivé ce soir là, pas la veille, pas le lendemain, non ce soir là! Le malheur il a pris forme humaine, des coquilles qu'on a vidé et rempli de haine, les enfants et les frères de quelqu'un qui ont tué sans sourciller les enfants et les frères d'autres.

Ils se sont dit que de semer la terreur un vendredi 13, ça serait swag, que ça frapperait les esprits, qu'on s'en souviendrait toute notre vie. Ils ont voulu un jour symbolique pour répandre le sang et la panique. Ils se sont dit que ça nous ferait culpabiliser, parce que nous n'avons rien fait pour l'éviter. Nous avons continué de vivre, de chanter, de rire, de danser et de jouir de nos jolies libertés. Nous en sommes encore plus fiers depuis janvier dernier.

Mais ils n'ont pas compris. Ils n'ont pas compris que ce qui fait de nous des êtres humains c'est l'amour de notre prochain. Ce vendredi, pour les personnes que j'aime j'avais fait cuire un poulet rôti, d'autres avaient offert une place de concert, de foot ou un verre en terrasse à leurs amis. Le partage, l'amour, l'amitié, la solidarité c'est ça que l’innommable essaie de nous enlever. Ce n'est même plus la liberté qui est visée, c'est l'impertinence de vivre la vie que ces corps évidés veulent nous faire regretter.

Ils veulent semer les graines de la peur dans notre inconscient. Ils veulent chatouiller notre instinct de survie. Ils veulent nous pousser dans nos derniers retranchements, nous faire plier, nous faire fuir, physiquement et moralement nous faire mourir. Mais on ne peut répondre à la mort, qu'en célébrant la vie. Il faut rester éblouissants face à la nuit.

Ne soyons plus superstitieux, ne donnons plus d'importance à toutes ces croyances qui nourrissent l'obscurantisme et pourrissent nos existences. Pour nous, pour nos parents, pour nos enfants, soyons la vie, aimons la vie. 

Ce vendredi 13, j'ai fermement décidé que les superstitions c'était pour les cons.





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7 commentaires:

  1. c'est trop beau, les mots sont parfaits, tu m'a fait dresser les poils <3

    Que je t'aime !

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  2. Je n'ai jamais été superstitieuse et c'est pas aujourd'hui que ça va commencer!
    Célébrons La Vie <3

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  3. Je partage ton avis sur les superstitions. Il ne faut pas se laisser influencer par ces dires non prouvés qui nous angoissent pour rien.

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