mercredi 30 novembre 2016

Si j'étais elle

Elle venait d'avoir 18 ans, elle était belle comme une femme et forte comme une enfant. Elle avait cette maladresse d'une féminité non assumée, elle vivait le passage à la vie d'étudiante dans tout ce qu'il peut avoir d'aventurier, elle avait l'envie d'être jolie sans avoir l'envie de plaire. Son corps avait grandit mais pas son instinct de séduction.

Elle était surement belle, sinon il ne se serait pas retourner sur elle. Pour lui plaire un peu plus, elle a voulu apprendre à séduire. Elle a acheté deux string affreux qui la torturaient plus qu'ils ne la rendaient sexy. Elle s'est maquillée un peu plus, elle a toujours aimé le maquillage mais elle n'osait pas trop en porter... avant lui. Lui c'était sa caution masculine, celui qui l'a fait passer d'une vie de jeune fille à la vie de jeune femme. Elle pouvait désormais s'habiller court et mettre plus de noir sur ses yeux. On ne la traiterait pas de fille facile, parce que maintenant elle avait un mec. Oui parce qu'au lycée, toutes ces filles très maquillées et au textile mi-cuisses, on savait bien ce qu'elles faisaient à la récré, au fond de la cour, dans les toilettes non surveillées. Elle n'aurait jamais voulu qu'on la considère comme ça. Mais ce n'était plus le cas, elle avait un mec, un régulier, elle voulait être plus sexy et désormais elle en avait "le droit".

Si jeune, trop jeune et pleine d’à priori. Elle voulait grandir vite, elle voulait tout, tout de suite. Elle voulait prouver au monde entier, qu'on pouvait avoir tout ce qui rend heureux dans la vie, dans un temps imparti. Après tout, il était parfait pour elle. Aucun autre ne s'était retourné avant lui et peut être qu'aucun ne le ferait plus. Alors ils ne se sont plus quittés, enchainant les années d'étude, les examens, les concours... elle réussirait, c'était une question de fierté.

Pour trouver du travail il leur a fallu faire le sacrifice d'une relation à distance, mais qu'importe, ils n'allaient pas tout remettre en question pour quelques mois, quelques années. Ils ont parié l'un sur l'autre, ils étaient trop près du but pour renoncer. Toujours dans cette dynamique de continuité, ils ont acheté une maison, elle lui a dit oui et ils se sont mariés. Il l'aimait, il lui avait prouvé. Elle aimait sa vie, le bonheur qu'on lui vend depuis qu'elle est gamine, il était là : un mari, une maison, une voiture, un chat... puis deux. Il y a juste le bébé qui tardait à arriver. L'échec de sa vie, celui qu'elle avait énormément de mal à accepter... ce ventre vide qui ne voulait rien savoir, celui que la médecine n'arrivait pas à faire fonctionner, celui qui fêlerait cette armure qu'elle aura mis des années à se forger.

Une petite fille est née. Une petite fille merveilleuse. Leur vie a été bouleversé. Mais la routine ne s'est pas améliorée. L'amour ne s'est pas intensifié. Leur monde tournait autour d'un petit être et finalement ils n'ont eu que ce point commun d'aimer la vie qu'ils avaient réussi, malgré tout, à créer. 

Elle avait dit oui mais ce n'était pas lui. Il a fallu des années pour le comprendre, pour accepter qu'elle s'était trompée, qu'il ne suffit pas de se construire de toutes pièces une famille parfaite pour avoir une vie parfaite. Le bonheur il n'est pas dans une pub purée Mousseline, il est dans la bienveillance, dans les petits plaisirs partagés, dans la confiance, dans les rires, dans les bras qui réconfortent et les pots de crème glacées... 

Si j'étais elle, je lui aurais dit de réfléchir, de voir le bonheur dans les autres familles, de lire l'amour dans les yeux des autres couples.  Je lui aurais dit que le choix on l'a toujours, à n'importe quel moment de la vie. Je lui aurais dit que le mariage ce n'est pas la fête d'une seule journée mais le commencement de nombreux jours de fêtes. Je lui aurais dit qu'elle était capable, qu'elle était belle et forte. Je lui aurais dit de ne pas s' enfermer dans un quotidien absurde. Je lui aurais dit de dire "non" mais je crois qu'elle ne m'aurait jamais écouté. 

Je ne regrette rien. Il ne faut jamais regretter.





Ça y est, les copains, je suis divorcée!








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vendredi 25 novembre 2016

ô nuit, belle nuit, sous un ciel d'Italie...

Avec mon blog je reçois quelques sympathiques invitations. Parmi mes petites passions, la cuisine fait surement partie des plus prenantes. J'y accorde une toute petite place ici, une plus grande sur Instagram, et une énorme dans ma vie. Manger bon, gourmand et sainement, c'est le petit défi quotidien que je me lance. Je n'y arrive pas tous les jours parce que le temps manque souvent, les ingrédients parfois mais l'inspiration presque pas.

Il y a quelques semaines, j'ai eu l'honneur de pouvoir inviter Nino au restaurant. Nous avions quelque chose à fêter ce soir là et j'avais l'occasion de pouvoir le faire dignement autour d'un beau plat italien et d'un bon verre de vin.


C'est dans l'établissement Il Ristorante , tout près de chez moi (à Troyes), que nous nous sommes retrouvés. Ce soir là j'avais eu une réunion à l'école, oui à l'école maternelle, parmi les parents d'élèves aux milles questions (im)pertinentes et face à une maitresse qui fait tout son possible pour les rassurer. Bref, j'avais vraiment mérité mon apéro aka un spritz au limoncello! Le spritz ne me tentait pas trop ( #TeamMojito), mais le serveur m'a assuré qu'au limoncello c'était bien meilleur pour les non amateurs d'Apérol ou de Campari. Et j'ai bien fait de suivre ses conseils... du début du repas jusqu'à la fin d'ailleurs.


Le lieu était parfait pour un petit resto en amoureux. L'ambiance y est cosy malgré les grandes salles. Le design y est sobre, moderne mais chaleureux. Nous étions bien installés, les siège étaient confortables, les lumières tamisées... Je m'y suis sentie à mon aise tout de suite.

Nous avons poursuivi notre soirée en choisissant une entrée à partager. Un assortiment d'anti-pasti pour nous mettre en bouche et introduire de façon ludique ce repas aux saveurs de l'Italie.Ce que j'ai apprécié tout de suite c'est la connaissance des serveurs pour les produits qu'ils proposaient. J'ai pu vraiment déguster tout ce que j'ai mangé, sachant précisément de quoi mes plats étaient composés. Pour une amoureuse des produits du terroir comme moi, c'était vraiment l'occasion de combler mes papilles.


Lors de notre visite, c'était la fête du jambon de Parme. Et celui que l'on a pu déguster était délicieux! J'ai donc décidé de me faire une soirée full jambon pour rester dans le thème et j'ai pu déguster des ravioles extraordinairement gourmandes et savoureuses. C'était moins au goût de Nino qui s'est régalé d'un Ossobuco très copieux.

Tout cela a été accompagné d'un excellent verre de vin, toujours très bien conseillés par notre serveur.


En dessert j'avais choisi un sabayon aux figues. Le sabayon c'est un dessert que l'on ne trouve plus beaucoup à la carte des restaurants et c'est bien dommage. Accompagné de figues fraiches, celui-ci était très raffiné. Un dessert simple en apparence mais que les amateurs auront su apprécier. Je n'ai qu'un regret, qu'il n'ait été à la carte du restaurant qu'un tout petit mois.


Mais comme je suis une gourmande invétérée et que j'ai été charmée par la cuisine, l'endroit et le service proposé, je me suis inscrite à l' @Risto Club. Je reçois maintenant les nouveautés à la carte et les invitations pour divers évènements et dégustation. De quoi saliver sur mon clavier quand j'ouvre ma boite mail (la nouvelle carte dédiée aux fêtes est juste démente!)

Il Ristorante c'est aussi une boutique! Aussi étonnant que ça puisse paraitre, on peut aussi rentrer chez soi avec quelques produits bien choisis pour faire durer le plaisir. Et pour partager de bonnes choses entre amis ou en famille tout en restant à la maison, on peut commander à emporter au service traiteur.


J'ai longtemps cherché la critique négative pour vous paraitre crédible, mais avec Nino on cherche encore. Nous avons juste envie d'y retourner pour de nouveau s'y régaler, et se raconter des trucs plein de love les yeux dans les yeux et ma fourchette dans une belle assiette. A ceux qui m'ont dit "ah oui la pizzeria!" quand je leur ai parlé de notre petite virée, j'ai répondu "non! le restaurant italien!" parce que des pizzas vous en trouverez aussi, au milieu d'une carte riche en spécialités du pays et en bons produits.

"Dans les cieux c'est écrit,
Qu'elle est belle bella note!"




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mardi 15 novembre 2016

Il n'avait pas la clé

Il n'avait pas la clé mais il a su s'en accommoder. Ce n'était pas sa maison mais il a ouvert les armoires, les boites et les placards. Rien ne lui appartenait, mais il a pris le loisir de choisir et de prendre ce qui lui plaisait. Il n'était pas le bienvenu ici, mais il a fait comme chez lui.

Un personnage sans gêne s'est invité... puis il est reparti en laissant les fenêtres ouvertes, un léger bordel, quelques traces de pas et un froid glacial à la casa.

 ...



Cher toi, qui a su voir en notre maison, un endroit accueillant... As- tu des enfants? T'es-tu demandé, en cassant cette fenêtre, si ma fille n'aurait pas trop froid les jours suivants? As-tu imaginé quelle pouvait vraiment être la valeur de ces bijoux? As-tu vu l'amour qui régnait chez nous? As-tu remarqué les petits mots, les dessins, les photos? 

Moi je garde le souvenir de tes traces de pas, de la poudre noire, de la façon dont tu as tout étalé sur mon lit pour trouver quelques bricoles qui ont du te décevoir. Je n'ai pas oublié, depuis cette première fois, que nous ne sommes à l'abri nulle part, et surtout pas chez soi. Je n'ai d'ailleurs pas eu peur quand je suis rentrée ce soir là, seule, dans cette maison éventrée et éventée, vidée de sa chaleur, de sa douceur de vivre et de sa fragile tranquillité. Non je n'étais pas effrayée, mais la colère est montée, la rage m'a submergé et j'ai hurlé.

J'ai hurlé des horreurs, je t'ai traité de noms plus fleuris que les blouses de ma grand mère, j'ai craché ma haine dans les airs. Rien n'est retombé, tout s'est envolé. J'ai fait le 17, j'ai rattrapé ce qui me restait de dignité pour garder une voix compréhensive. J'ai fait les cent pas dans le froid en attendant les gendarmes. J'aimerais que tu connaisses ça au moins une fois... d'un air blasé, moi j'ai répondu "je sais, je ne dois rien toucher, je connais ça, c'est déjà la deuxième fois".

Je t'en veux. Je t'en veux d'avoir souillé ce petit nid que j'ai voulu rempli d'amour et loin des soucis. La casa elle est ouverte à qui nous veut du bien, elle est ouverte à la bienveillance, aux apéros et aux copains. Toi tu as pris du bon pour laisser du mauvais... enfin tu as essayé. Maintenant le ménage est fait, et toute trace de ton passage a été soigneusement effacé.

Je lui ai dit que la fenêtre s'était cassée dans un courant d'air. Je ne veux pas qu'elle sache que d'étranges personnages entrent chez nous pour dérober nos affaires. Son innocence, c'est au moins ça, que tu n'auras pas emporté avec toi.

Toi qui est entré dans ma maison sans frapper et sans en avoir la clé, je ne sais pas qui tu es mais je te hais. Je ris de savoir que tu as choisi une maison vide de tout objet de valeur. Je ris parce que finalement, tu ne m'as rien pris. Je ris parce que la richesse de cette casa, mec, elle n'est pas dans nos tiroirs mais elle est dans nos coeurs!

(Hé non mon p'tit loup, ça n'était pas des diamants, pas du tout...
Je t'emmerde cordialement.
Bisous.)


Amélie, heureuse, même avec un peu moins de bijoux.







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jeudi 27 octobre 2016

Les mamans ne savent pas faire de feu

Y'a des jours où le sentiment d'échec est plus puissant, où la sensation de s'être trompée colle un doute sérieux sur nos convictions, où l'on se chuchotte qu'ils seraient finalement plus forts que nous, ces fucking moulins à vents.

Je le dis haut et fort, je le revendique, je suis une femme. Et malgré toute l'énergie et toute l'auto-persuasion que j'y mets, je ne suis parfois "qu'une" femme. Ce n'est pas faute d'y croire, ce n'est pas faute d'y mettre toute mon âme mais c'est comme une sorte de fatalité. Une fatalité qui te met des petites pichenettes tous les jours à coup de sifflements, de klaxons, de reflexions misogynes, d'inégalités en tout genre et qui t'assène le coup de grâce quand ta propre enfant te dit tout naturellement que "les mamans ça sait pas faire de feu".

Depuis qu'elle est née, je lui dis qu'elle est belle, qu'elle est forte, que le monde s'ouvre à elle et qu'elle peut tout faire. Elle a élevé autant de dinosaures que de petits poneys dans sa chambre d'enfant, elle a commandé autant de petites voitures que de fées multicolores au Père Noël... et pourtant...

Elle veut du rose, du rose partout, parce que le bleu c'est pour les garçons. Elle me voit toucher à tout  à la maison, et pourtant...

Elle accepte que je plie le linge, que je fasse la vaisselle, que je passe l’aspirateur, mais elle m’aperçoit accroupie au pied du poêle à bois et me donne du "les mamans ça sait pas faire de feu".

Je ne sais pas tout faire. J'ai des capacités et des lacunes. Je n'ai peut être pas l'air de savoir faire du feu, mais je n'ai pas l'air de ne pas savoir en faire non plus.

Je ne comprends pas pourquoi mes capacités intellectuelles et mon savoir faire devraient être limités par mon genre. Je ne parle pas de mes capacités physiques, je me rends bien compte que je n'aurai jamais une force herculéenne, mais je ne vois pas bien ce qui nécessite d'être aussi fort au quotidien...

Alors oui, je suis une quiche en mécanique, j'ai des bases mais c'est une science qui m'échappe totalement. Comme la science du macramé, la science du rubik's cube et la science de ces fichues fleurs qu'on m'a amené à détester, aka, les orchidées!

Et je m’aperçois que ce n'est pas parce que ça ne m’intéressait pas, non, c'est parce que je me suis cantonnée à ce qu'on voulait bien me montrer. La mécanique, on ne l'explique pas aux filles. On ne leur explique pas et on leur dit de faire attention, parce que les garagistes peu scrupuleux gonfleront le torse et leur devis. Du coup, la mécanique ce n'est pas un truc que je déteste, à l'instar des phalaenopsis, mais un truc qu'on ne m'a pas donné l'occasion de détester. Alors qu'il faut bien reconnaitre qu'il y a un tas de mecs aussi incompétents que moi dans ce domaine, qu'eux n'essuient aucune remarque, et qu'il se pourrait même qu'ils s'y connaissent mieux en plantes d'intérieur qu'en arbre à cames.

Photo Olivier Lavielle

Tout ça pour dire que j'ai beau porter des robes six jours et demi sur sept, ça ne m'empêche pas de savoir réchauffer ma maisonnée, de faire les niveaux et la pression des pneus de ma mamanmobile, de soulever des (petits) poids à la salle de gym, de travailler, de payer mes factures, de voter, de tout faire pour protéger ma petite famille. Non seulement ça ne l'empêche pas mais je suis vachement plus à l'aise en robe qu'en jean pour faire tout ça!

Le féminisme il est dans nos agissements et dans l'éducation de nos enfants. Je suis un peu redondante sur le sujet mais l'avenir de nos petites filles me tient tellement à coeur et les actualités nous délivrent de moins en moins d'espoir et toujours plus de peur... Ne soyons pas qu'un papa ou qu'une maman, soyons avant tout des parents. Ouvrons leur des plus jolis et des plus grands horizons, à l'école, dans la rue et dans nos maisons.


N.B. Le premier anti-mariage-pour-tous/anti-gender qui s'autoriserait l'outrecuidance de me laisser un commentaire haineux en mode public ou en message privé se verra remettre ma collection d'orchidées à l'agonie, le devis de mon garagiste façon origami et l'injonction de retirer le balai coincé depuis 1944 de son booty. #EnVousRemerquiant


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