lundi 9 novembre 2015

Maman en veille

Une semaine sur deux je suis une maman en veille.

On ne peut pas être maman à mi-temps, quelque soit les conditions, le manque et l'éloignement, en garde alternée, on reste une maman à 100%.

Quand elle n'est pas là, je ne suis qu'un ersatz de moi. Une maman qui vit sa vie d'avant, qui retrouve un peu de ce temps perdu mais qui n'en fait pas grand chose pour autant. L'impression d'être cette maman d'avant mais cette maman d'après aussi, celle qui accepte déjà de vivre loin de son enfant, sauf qu'elle n'a que quatre ans.

Ne plus avoir vraiment sa place, ne plus savoir vraiment comment occuper ses soirées quand elles ne sont plus rythmées par le bain, le repas et le coucher. Se dire qu'on pourrait faire du sport, sortir au cinéma, voir du monde, voir le temps défiler, et finalement rester là.




Je passe mes semaines off à préparer son retour. Je passe mes semaines on à recharger mon coeur avec des milliards de calins et des tonnes d'amour.

Le pire ce sont surement toutes ces petites impressions, ces petites hallucinations sensorielles que je ressens en son absence. Je me réveille le matin, et la tête enfarinée, je n'ai qu'une seule idée, celle d'aller la réveiller. Mais le coup de bambou arrive vite quand une fois mon esprit désembué, je m’aperçois que je suis seule dans la maisonnée. Et cette sensation qu'elle est finalement toujours là, comme elle l'a toujours été, me renvoie chaque fois à notre schéma familial passé.

Les murs parlent mais ils me font plutôt du mal. Les semaines se succèdent et n'avancent pas au même rythme. Pourquoi est-ce que sa malice et son rire font-ils passer les jours plus vite? Pourquoi son absence et le vide allongent-ils le temps inexorablement?



Alors pour survivre au manque j'essaie d'y penser le moins possible, je chasse la nostalgie en refermant la porte de sa chambre, je la laisse en l'état, je ne touche pas à ses affaires, j'évite soigneusement tout ce qui pourrait me rappeler qu'elle me manque, je suis un robot, j'enfouis au plus profond de moi mon instinct de louve, je m'efforce de n'être qu'une partie de moi.

Pourtant l'espace d'une seconde il m'arrive de me dire qu'elle rie, qu'elle apprend et qu'elle s'amuse à quelques centaines de mètres de moi. Je souhaite de toute mon âme qu'elle aille bien, qu'elle mène sa petite vie sans tracas et qu'elle ne pense pas trop à moi.

Parfois j'espère un coup de fil, mais si par bonheur il arrive, il me portera un coup droit au coeur. Deux minutes pour remplir mon réservoir d'amour maternel, deux jours à regretter ce trop plein qui ne sert à rien, comme une indigestion de sentiments inexploités, parce que la douleur cherche à reprendre la place dès que nous avons raccroché.

Tous les 7 dodos je redeviens une maman en veille, une maman quand même.






Rendez-vous sur Hellocoton !

16 commentaires:

  1. Tu résumes si bien les choses.
    Quand elle n'est pas là, comme toi, je laisse sa chambre en état mais porte ouverte, je ne fais que passer devant. Mais surtout ne pas ranger ses affaires parce que souvent je me dis "on croirait qu'elle est morte" ... Ouais je sais c'est nul et trash mais c'est plus fort que moi.

    Les journées te sembleront moins longues quand tu auras quelqu'un pour les partager ... Patience maman en veille

    RépondreSupprimer
  2. Ca doit être atrocement difficil, j'aurais vraiment beaucoup de mal à me passer de la sorte de mes monstrouilles :( Plein de courage à toi, à vous.

    RépondreSupprimer
  3. je suis tellement triste de lire ça....ça ne doit pas être facile....vraiment...
    je t'envoie une tonne de bisous à paillettes <3

    RépondreSupprimer
  4. ♡♡♡ je ne peux que t'envoyer des milliers de coeurs super maman, super amie

    RépondreSupprimer
  5. La vie est si souvent injuste. je te comprends tellement. Moi c'est tous les 5 dodos, et je profite de deux dodos par w-e. Deux jours entier, ou finalement, je ne suis plus forcément un bon papa, mais un papa qui cède trop mais un papa qui l'aime tellement, qui prend une dose de sa Princesse de 4 ans, et qui vit dans le malheur en la ramenant le dimanche soir, tant elle pleure toutes les larmes de son corps.
    Mais le travail m'a éloigné, et un w-e par mois, je suis seul à me demander si tous les choix étaient les bons...
    Finalement, le pire c'est de se demander si on avait fait autrement...

    RépondreSupprimer
  6. Ce doit être super dur, et je pense que comme toi je n'arriverais pas à profiter du temps passé sans eux. Courage à toi ma belle, et j'espère que la situation va s'éclaircir. Je te fais de gros gros bisous

    RépondreSupprimer
  7. Moi je suis une maman solo à 100% de 2 garçons qui ne peut pas deconnecter sauf quand je dois voyager pour le boulot. Et là mes parents prennent le relais. Alors j'aimerai tellement avoir un relais de temps en temps pour un week-end. Mais je te comprend, c'est long une semaine. Et même pour elle va ne doit pas être facile de vivre entre 2 maisons. Courage ❤❤❤❤

    RépondreSupprimer
  8. Comme ce doit être difficile ... elle est si petite encore, j'imaginé comme cette situation doit être dire à gérer pour toi. J'espère que le temps fera son oeuvre et que ce sera de moins en moins dur pour toi <3

    RépondreSupprimer
  9. très joli témoignage, bon retour à ta poupée

    RépondreSupprimer
  10. elle en a de la chance cette petite d'avoir une maman qui l'aime autant <3

    #KeurSurToi #PaillettesEtTrompettes

    RépondreSupprimer
  11. Tout ce que je pourrais t'écrire me semble fade. Sache que ton témoigange m'a beaucoup émue, et je te fais de gros calins virtuels ♥

    RépondreSupprimer
  12. Cest l'horreur ces semaines offf j'en ai pas souvant mais quand j'en ai je les supporte depuis 4 ans avec tjs autant de mal et je pense tjs à l'amoureux lui qui en a tous les 15 jours et les dimanche soir quand je suis chez moi j'ai juste envie de le serrer fort contre moi

    RépondreSupprimer
  13. Courage, comme Sophie-Mum, je n'ai pas souvent de semaine off, que pendant les vacances en fait et c'est très douloureux au début. Les premiers temps, même pour un week-end, je restais assise sur le canapé, les yeux dans le vague à attendre leur retour.
    Mais maintenant, je me fais un emploi du temps de dingue pour les semaines où ils ne sont pas là, afin de ne pas voir le temps passer. Et ça passe bien plus vite du coup. Mais comme tu dis, le matin, quand tu te rends compte que tu es seule dans la maison, c'est super difficile.

    Je t'envoie plein de courage, de coeurs et de paillettes, ça sera de moins en moins douloureux.

    RépondreSupprimer
  14. je decouvre ton blog plein d'orignialité et de peps et je découvre aussi comme tout a chacun les failles qui nous guettent..
    je ne peux que trop de comprendre,te soutenir dans ces moments off..perso ça fait plus d'un an que je le vis..et je ne m'y fais pas.. je pense pas honnêtement qu'en tant que maman impliquée on puisse s'y faire.. mais le temps apaise un peu la douleur, est notre(nos) enfants nous apprennent a relativisé, a vivre pour soi et prendre et donner le meilleur quand on les a a nos cotés.. se dire que nos enfants de 2015 on besoin de parents impliqué des 2 cotés et qu'ils n'en seront que plus fort malgré ce noyau familial eclaté(qui des fois est bien nécéssaire plutôt que de vivre malheureux ensemble)... Bref plein plein de courage pour tes moments de solitude ou de nostalgie.. rien ne remplace nos enfants, mais cette épreuve nous apprend a prendre du temps pour nous, pour etre bien quand justement on les retrouve.. enfin c'est ce que je tente de me dire !! Plein de courage et te souhaite que les choses évoluent et que ton cœur de maman s'apaise

    RépondreSupprimer
  15. Que c'est dur, je lis seulement ce billet, mais ça me fout un coup dans mon cœur de maman. Pleins, pleins de câlins, et beaucoup beaucoup de courage <3

    RépondreSupprimer

Dis moi tout!